Terroir ou cépage

Cette page pour dire que « Les.9 » fixe ce soir le 30 août 2016 une orientation artistique pour le millésime 2016. Les vignes n’ont pas encore donné leur jus, mais le terroir est grand et sont deux à se tirer la bourre pour prétendre s’afficher sur la bouteille, le choix du cépage est d’ores et déjà arrêté. Le terroir, donc, reste à définir, mais est classé grand cru ; son cépage connu, mais non dévoilé.

Mais qu’est-ce qui fait qu’on est accro à ce mot, à ce territorium ? La priorité du Collectif est de promouvoir d’abord les cépages d’Alsace, puis, dans un temps inconnu, ses terroirs. Les terroirs qui, finalement, selon Jean-Robert Pitte, Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, dans un excellent article du Figaro du 20 août 2016, évoquent « la nostalgie d’un bon vieux temps qui n’a jamais existé » et renvoient donc paradoxalement des souvenirs à tous. Toujours selon J-R P., le terroir est un « véritable concept » et un « art de vivre à la française », délimité par une zone géographique aux propriétés ampélographiques spécifiques, mais qui n’est défini par rien en particulier, tout comme « le rôle du terrain dans l’élaboration d’un grand cru ne va guère au-delà de celui de la matière dans l’élaboration d’une œuvre d’art » dixit Roger Dion, enseignant au Collège de France. Autrement dit, s’il n’y avait pas de la terre, il n’y aurait rien de ce qu’il y a, ou il y aurait autre, et que c’est l’Homme qui fait, modélise et évalue ses propres productions (tout comme le sujet n’existe pas pour l’œuvre elle-même). En le concevant sous un autre angle, exprimé dans l’article par Montesquieu, « les terres produisent moins en raison de leur fertilité que la liberté des habitants ». En fait, vive les individus et vive les créations !, on mourra moins con à ce qu’il paraît, car ça nourri l’esprit. Si le terroir peut changer, les cépages se croiser, « les hommes ont besoins d’enracinements » pour grandir. En conséquence, échangeons nos idées, croisons nos créations, bougeons nos codes et gardons toujours à l’esprit cette empreinte locale de la création.

Face à toute cette philosophie de comptoir qui risque d’embrumer nos esprits, extraire les sens du « Terre-ou-Art » est chose souple pour la création : « Les 9 » ont commencé l’aventure par choisir ses cépages, sans concession ni reproduction, ce qui en fait une racine bien plus stable pour la continuer…

Philippe H.

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